Nous revenons après beaucoup d’absence en même temps que le nouveau Premier Ministre canadien. Un conservateur aux commandes d’un gouvernement “encore” minoritaire. Mais les élections n’ayant pas été très (voir même pas du tout) médiatisées ici, nous n’aurons pas de potins croustillants à vous raconter sur ce sujet!
Nous savons que certains d’entre vous attendent avec impatience la visite numérique du musée canadien des civilisations, que Morgan se fera un plaisir de commenter … ;-P mais cela n’est pas encore pour aujourd’hui. Car dans votre voyage initiatique au Canada, vous en êtes seulement à la visite du Parlement d’Ottawa et de ses jardins (il faut plus de points pour passer au niveau supérieur!).
Comme la nouvelle province du Canada reste un certain temps sans capitale permanente, son Parlement et sa bibliothèque se déplacèrent de Kingston à Montréal, puis firent l’aller-retour entre Toronto et Québec pendant plusieurs années. Ce n’est qu’en 1857 que la Reine Victoria choisit d’établir la capitale et le siège du Parlement en permanence à Ottawa.
Vaste et magnifique édifice en U de style néogothique, rénové ces dernières années, le Parlement est le haut-lieu de la vie politique canadienne. Entouré de larges pelouses et d’un sanctuaire pour les chats sauvages (mais nous en reparlerons dans un prochain article), il est le centre stratégique de la ville d’Ottawa.

Vue du Parlement d'Ottawa côté Gatineau.
Sur la colline du Parlement trônent les trois édifices gothiques du gouvernement. Le plus important, situé au centre, héberge le Sénat et la Chambre des communes. Celui de l’Est est réservé au gouverneur général et celui de l’Ouest abritre des bureaux parlementaires.

L'Ouest...

Le Centre...

L'Est...
Après avoir passé l’épreuve de la fontaine de feu, et le barrage des gargouilles, nous avons pu pénétrer à l’intérieur de ce lieu “sacré” (moins qu’en France car tous les débats sont publics).

La fontaine du Parlement d'Ottawa représentant les blasons des différents Etats canadiens.
Cette fontaine a été allumée le 1er janvier 1967 par Lester Bowles Pearson lors des fêtes du centième anniversaire du Canada. Et elle continue de brûler depuis ce jour.

Un clocher rappelant l'architecture britanique (reste d'une colonisation profonde).

Ouverture sur la vie politique canadienne.

Le lion symbolisant le Canada, gardien de l'entrée du Parlement.

La licorne représentant le Québec, province canadienne. Mais pourquoi est-elle folle?

Il y avait aussi quelques dragons spéciaux…

… les sculpteurs ont dû s’amuser!

Et encore un...
Enfin, une fois à l’intérieur la visite fut moins amusante… Entre des italiens irrespectueux et tellement bruyants et un couple de français chauvin et blasé, la jeune guide avait de quoi faire, la pauvre. Ajoutez à cela un Morgan oubliant d’enlever sa casquette et se faisant alpaguer par un garde… et vous aurez une impression de l’atmosphère règnant dans les couloirs du Parlement.
A première vue, seuls les plafonds semblaient intéressants, jusqu’à la visite de la Chambre des communes et du Sénat. Mais peut-être que nous devrions vous expliquer que dans le hall menant à la Chambre des communes, des fresques de calcaire fossilisé du Manitoba représentaient la création du Canada de l’arrivée des Inuits au débarquement des Anglais en passant par les Vikings. Ou bien peut-être serait-il nécessaire de mentionner d’autres détails historiques croustillants? Mais malheureusement (ou heureusement?) nous n’avons pas pu, à vrai dire, tout retenir.

Le plafond du hall de la salle des communes.

Le plafon du hall du Sénat réprésentant les noms des anciens gouverneurs généraux canadiens.

Le nom de l’un d’entre eux a même été oublié! Mais il est tout de même honoré...
La Chambre des communes se trouve du côté Ouest de l’édifice du centre. Pour le décor de cette salle rectangulaire, les architectes ont choisi les tons vert de la Chambre des communes britanique (le vert rappelant les campagnes et la nature), du chène blanc canadien et de la pierre calcaire de Tyndall. Sur la surface tachetée de la pierre, il parait même que se dessinent des fossiles vieux de 450 millions d’années!
Le plafond de cette salle est recouvert de toile de lin aux teintes douces et peinte de symboles d’armoiries canadiennes. Des vitraux aux couleurs éclatantes représentent les emblèmes floraux des provinces et des territoires canadiens tels qu’ils existaient en 1967. Sous les fenêtres, une série de sculptures illustrent au moyen de symboles imaginatifs les composantes de la Constitution canadienne. Bref… retenez uniquement le côté pastoral de cette salle!

La Chambre des communes.
Dans la salle du Sénat, du côté Est de l’édifice, le mobilier et la moquette de couleur rouge, ainsi que le plafond aux feuilles d’or, confèrent une splendeur royale au lieu de rencontre du chef de l’Etat (Premier Ministre) et du Parlement. La partie supérieure des murs de cette salle est composée de tableaux illustrant des scènes frappantes de la Première Guerre mondiale, afin “de ne pas oublier les canadiens morts pour leur patrie”.

Le Sénat.
L’édifice de la Bibliohèque, dont les plans furent conçus dans le style de la grande époque victorienne, ouvrit ses portes en 1876. Epargnée par l’incendie de 1916, la Bibliothèque du Parlement (dont on ne put prendre de photographies cf. le droit d’image des bibliothécaires), demeure le seul vestige du monument d’origine, faisant penser à la nef d’une cathédrale gothique. En effet, l’épaisse porte de bois a sauvé ses 650.000 ouvrages. C’est pour cela que selon la légende, la toucher porterait bonheur (“ils sont fous ces canadiens”).
En même temps, il conviendrait de rajouter qu’ayant ensuite résister à deux autres incendies (à croire que les pyromanes ont élu domicile au Parlement), peut-être que la croyance se justifie.

La porte de la Bibliothèque du Parlement.

Photographie de l'intérieur de la Bibliothèque (source internet).
Pour clôre cette visite, nous sommes montés en haut de la Tour de la Paix d’où la vue sur Ottawa était imprenable. Cette tour commémore l’engagement du Canada à l’égard de la paix. Au troisième étage, la Chapelle du Souvenir, paisible salle aux riches structures, rend hommage aux Canadiens qui ont donné leur vie aux conflits armés auxquels le Canada a participé depuis la Confédération.
La Tour de 92,2 mètres de haut abrite également un carillon de cinquante-trois cloches pesant entre 4,5 et 10 090 kilogrammes.

Vue sur l'édifice Est du Parlement en haut de la Tour de la Paix.

Le dôme de la Bibliothèque du Parlement, le pont Alexandra et la rivière des Outaouais.

Vue de l'édifice Ouest du Parlement.
Et c’est ainsi que s’achève la visite de l’intérieur du Parlement d’Ottawa. Cependant, la colline du Parlement est aussi célèbre pour la beauté de ses sculptures extérieures symbolisant des moments forts dans l’histoire du Canada. Alors, si vous n’êtes pas trop harassés, la visite se poursuit dans les jardins du Parlement.
Pour rendre hommage à l’une de nos fidèles lectrices féministes, nous commencerons donc par le momuments des cinq femmes célèbres canadiennes. Inauguré le 18 octobre 2000, ce monument intitulé “Les femmes sont des personnes” rend hommage à Nellie McClung, Irène Parlby, Emily Murphy, Louise McKinney et Henrietta Muir Edwards. Ces cinq femmes, mieux connues sous le nom des Cinq femmes célèbres, ont gagné l’affaire Personnes, un jugement de 1929 qui reconnut l’existence des femmes en tant que personnes selon l’Acte de l’Amérique du Nord britannique et les rendit admissibles à être nommées au Sénat du Canada.
Les sculptures, plus grandes que nature, oeuvre de l’artiste Barbara Paterson, ont été offertes au Gouvernement du Canada. Elles représentent les cinq femmes savourant leur victoire juridique historique.

Et oui Nellie McClung et Irene Parlby...

... Women are Persons!

Thanks Henrietta Muir Edward and Louise McKinney!
Puis en passant de la Reine Elisabeth II à Lester Bowles Pearson, voicin un diaporama de quelques statues des jardins…

Sir John A. Macdonald... and Sir Morgan Fiaux.
Sir John A. Macdonald (1815-1891) est un des pères de la Confédération et le premier Premier Ministre du Canada. Il a joué un rôle inégalé dans l’histoire du Canada car sous sa gouverne, le Canada a connu une période de prospérité et de croissance rapide.

La Reine Elisabeth II souveraine du Canada depuis 1952 (et oui encore les Anglais).

George Brown (1818-1880).
Editeur de journal et politicien, George Brown a commencé à jouer un rôle actif en politique en 1844. Après avoir fondé à Toronto un journal appelé Le Globe, il appuya la cause du gouvernement responsable puis le mouvement en faveur de la Confédération qu’il soutint également en tant que député dans les années 1850 jusqu’en 1857. Treize ans après avoir quitté la vie politique, il fut abattu “accidentellement” par un ancien employé du journal et mourut d’une infection subséquente.
Mais les Goélands ne doivent pas le savoir! Peut-être que les mouettes le sauraient-elles…

"Les oiseaux sont nos amis!"

Statue de la Reine Victoria (1818-1901) érigée dans le cadre des fêtes grandioses du Jubilé marquant les soixante ans de règne de la souveraine.

Lester Bowles Pearson (1897-1972), quelque peu envahi!
Et c’est ainsi que s’achève notre visite du Parlement!
Surtout n’oubliez pas les guides car après six heures de travail (et une crise diplomatique lorsqu’internet explorer s’est éteint brutalement et que rien n’était sauvegardé après quatre heure de travail), ils méritent quelques commentaires…